A l'occasion d'un voeu examiné à la région en faveur de la défense de la filière photovoltaïque, j'ai pris la parole pour rappeler notre volonté d'aider la société Photowatt à se construire un avenir.
Photowatt connaît de graves difficultés, liées à un ensemble de facteur mais principalement à la sévérité de la concurrence internationale, issue de Chine notamment. Pourtant, elle possède des atouts indéniables. La réussite de Photowatt passera nécessairement par l'innovation et par l'amélioration permanente de ses produits, afin de lui permettre de se situer à la frontière technologique. Pour cela, elle dispose de l'avantage de disposer, dans ses murs, de PV Alliance, une structure originale associant Photowatt à EDF, ENR, et le CEA, dans un mariage exemplaire de l'industrie et de la recherche.
Comme nous l'avons vu encore une fois lors de la venue de Xavier BERTRAND le 29 novembre dernier, tous les élus, de droite et de gauche, sont mobilisés pour permettre à l'entreprise de trouver une issue garantissant sa pérennité, à l'issue de la phase de redressement judiciaire.
Vous pouvez revoir mon intervention (attention, la qualité technique est médiocre en raison d'un problème dans la retransmission par la région) :

Bonjour et meilleurs voeux,
Si je peux me permettre, Photowatt et d'autres acteurs du photovoltaïque ont connu une forte croissance liée uniquement au financement publique - et aberrant - d'un secteur sans avenir à court / moyen terme.
Plus de sous dans les caisses, donc plus de financement publique idiot, donc plus de marché. C'est simple.
Si nous cherchons un avenir à Photowatt, il faut à mon sens le faire ailleurs que dans le photovoltaïque.
Quelques chiffres faciles à vérifier :
production annuelle élec en France : 540 milliards de kWh
coût d'installation pour produire annuellement 1 kWh :
- photovoltaïque : 5 à 10 €
- éolien : 1 €
- nucléaire : 0.3 €
- gaz : 0.1 €
Par exemple, produire 10% de l'électricité Française en photovoltaïque demande 250 à 500 milliards d'euros d'investissement (oups !).
A cela s'ajoute le fait que cette électricité sera produite n'importe quand (et plutôt quand nous en avons le moins besoin = été). Donc il faudra en plus construire en parallèle des centrale gaz qui émettent du CO2.
En résumé du grand n'importe quoi.
En outre, un Responsable photovoltaïque du CEA Grenoble m'expliquait l'an passé qu'ils n'avaient rien dans leur labo pour améliorer significativement l'efficacité du photovoltaïque. Rien dans le labo du CEA en 2011 signifie rien sur le marché avant 10 à 15 ans.
Bref, une technologie sans avenir sauf pour des applications très précises de fourniture d'électricité dans des zones inaccessibles = micro marché
A la fin, nous sommes en droit de nous demander qui a bien pu valider une telle stratégie sur le photovoltaïque, tant il était écrit qu'elle n'avait aucun avenir économique. Que des écolos de EELV se fourvoient, nous sommes habitués. Qu'un gouvernement UMP se fourvoit aussi à ce point sur ce dossier est plus inquiétant...
Rédigé par : Philippe COQUET | 10/01/2012 à 09:41