Si vous avez lu mes précédentes notes vous avez compris que je me suis engagé avec beaucoup de passion et de bonheur dans cette élection. J’ai apprécié la diversité de notre liste, la variété des occasions de rencontres avec les électeurs, la qualité de nos échanges.
Je tiens également à saluer la mobilisation exceptionnelle de nos élus, de nos militants sur tout le territoire, des jeunes populaires : tout au long de cette campagne nous avons pu nous appuyer sur leur enthousiasme et leur détermination.
Malgré tout, le résultat a été sévère pour nous : 50,8% pour les socialistes, 34,0% pour l’UMP, 15,2% pour le Front National en Rhône-Alpes ; 56,0% pour les socialistes, 29,5% pour l’UMP, 14,5% pour le FN en Isère.
Soyons clairs : c’est une défaite, notre score n’est pas à la hauteur de notre ambition ou de notre espérance.
J’en tire plusieurs conclusions.
Au plan national, d’abord : les électeurs ont évidemment voulu adresser un avertissement au Gouvernement, notamment sur le contexte économique et social. La réaction de l’opinion à la crise économique a été progressive : au début l’exécutif a été épargné, notamment, je crois, parce que le volontarisme et le leadership du Président de la République ont été reconnus. Mais cette situation ne pouvait pas durer indéfiniment : les Français attendent à juste titre de voir l’impact de notre politique en matière de pouvoir d’achat et d’emploi ; les mauvais résultats, même si ils sont en grande partie liés à la crise, ne peuvent les satisfaire.
Les reproches ont également porté sur la méthode de gouvernement. On a beaucoup vilipendé l’ouverture : je comprends cette réaction de notre électorat (« Pourquoi aller chercher des socialistes, comme s’il n’y avait pas de gens bien à droite… ») même si, par ailleurs, il est toujours important de ne pas donner prise au reproche de sectarisme quand on est au pouvoir. Mais il est vrai qu’il fallait apporter la preuve que cela ne modifiait en rien le contrat passé avec le pays en 2007 : nos électeurs n’en ont manifestement pas été convaincus.
Mais, au-delà de l’autocritique qui est indispensable, il n’est pas interdit de porter un jugement sur le sens même de cette élection. L’abstention a atteint un niveau historiquement élevé ce qui montre bien un certain désintérêt des électeurs. Et la vague nationale en faveur des socialistes montre bien que ce n’est pas le bilan (ou les projets) région par région qui ont fait l’objet de l’expression de l’électorat. C’est d’ailleurs une grande frustration pour nous qui avons essayé pendant toute la campagne de faire porter le débat sur les conséquences de l’élection pour la vie quotidienne des Rhônalpins (en matière de fiscalité, de développement économique, d’emploi, de formation)… mais sans succès.
A mes yeux, c’est une raison supplémentaire d’engager la réforme territoriale prévue en 2014. A cette date, les Français éliront des « conseillers territoriaux » dans des cantons, plus larges que ceux d’aujourd’hui. Ces conseillers siègeront à la fois dans les conseils départementaux et régionaux. Cela permettra à la fois de répondre à la confusion actuelle autour des différents niveaux de collectivités, et d’identifier chaque conseiller à un territoire, ce qui améliorera grandement la qualité du lien démocratique entre électeur et élu.
Quoi qu’il en soit, et au-delà de la nécessité de tirer les conséquences du message des électeurs au plan national, nous sommes à présent 7 élus UMP dans l’Isère : Fabrice Marchiol, Sylvie Pellat-Finet, Marie-Christine Tardy, Fabien De Sans Nicolas, Andrée Rabilloud, Thierry Kovacs, et moi-même. Ensemble, nous avons la responsabilité de porter la voix de nos électeurs au conseil régional : face à la majorité socialiste et verte, nous serons attentifs aux erreurs et aux dérives, et inflexibles dans la défense de nos valeurs. Vous pouvez compter sur nous.

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